La droite que nous voulons

À l’heure de refonder l’UMP et d’ouvrir une nouvelle page de l’histoire de notre parti, l’urgence est à la définition de la ligne politique que nous porterons. Avant de se lancer sur le « comment », il faut se mettre d’accord sur le « quoi » et le « pourquoi ». Que veut la droite ? Quelle droite voulons-nous ? Beaucoup de militants ont des réponses précises à ces questions et n’attendent qu’une chose : être écoutés par ceux qui les dirigent. Avec eux, nous avons posé les principes auxquels nous croyons, les valeurs qui nous rassemblent, les lignes directrices que nous souhaitons donner à notre parti pour qu’il renaisse.

Nous les avons réunis dans ce manifeste non exhaustif qui ne prétend pas révolutionner l’UMP, simplement lui proposer un cap clair, une colonne vertébrale qui fixe son identité pour que les Français sachent ce qu’ils défendent lorsqu’ils votent pour l’un de ses candidats.

Nous croyons fermement en la capacité de l’UMP à se reconstruire avec l’aide de ses militants. Et nous attendons qu’elle incarne la droite que nous voulons.

La droite que nous voulons s’empare des sujets de société

Elle ne les abandonne pas à la gauche par faiblesse ou crainte de divisions

La droite ne peut plus continuer à fuir la bataille des questions de société et renoncer, une fois revenue au pouvoir, à changer le statu quo instauré par la gauche. Elle a le devoir d’émettre des positions claires et intelligibles, et de consulter les Français, notamment à travers la réhabilitation du référendum.

Elle ne les remet pas à « plus tard », n’en fait pas une question secondaire

Les sujets de société sont aussi fondamentaux que les sujets économiques auxquels ils sont bien souvent liés. On ne peut redresser notre économie sans affirmer d’abord les valeurs qui fondent notre société. La droite doit en particulier valoriser le modèle de la famille durable, dynamiser la natalité et prévenir la banalisation des ruptures à travers une meilleure explication des droits et des devoirs attachés au mariage et à la parentalité.

Elle ose le débat, les prises de position claires et fermes

Nous voulons une droite qui prenne le risque de se mesurer à la gauche et à sa « réforme de civilisation ».  Elle défend la complémentarité des sexes et s'engage à revenir sur la loi Taubira pour protéger les droits supérieurs de l’enfant. Elle s’oppose formellement à la PMA et GPA, premiers pas vers la marchandisation de l’être humain. Elle lutte contre la légalisation extensive de l’euthanasie et garantit l'application de la loi Leonetti, fruit d'un consensus parlementaire inédit.

La droite que nous voulons protège l’école dans sa mission première : instruire

Elle n’accepte pas que les savoirs fondamentaux soient négligés au profit d’un « pédagogisme » idéologique et démagogique

La droite doit faire du lire-écrire-compter la priorité absolue de l’École, et de l’éradication de l’illettrisme à l’entrée en 6ème un impératif. Il faut réaffirmer la mission principale de l’Éducation nationale : transmettre des connaissances.

Elle ne laisse pas l’État se substituer aux parents dans l’éducation de leurs enfants

L’Éducation nationale ne peut prétendre remplacer les parents ou leur faire concurrence, elle leur est complémentaire : il faut les associer davantage au projet éducatif de l’enseignant et collaborer avec eux. La droite doit veiller à ce que l’École cesse d’être le lieu d’expérimentations idéologiques.

Elle promeut le mérite, l’excellence, et vise l’épanouissement de chaque talent

Nous voulons une droite qui mette fin à la politique de nivèlement par le bas et à l’égalitarisme primaire qui freine toute progression. Elle réforme le système éducatif en diminuant le poids des services centraux et académiques afin de réinvestir les moyens sur les ressources humaines enseignantes. Elle revalorise le statut et la rémunération des enseignants, restaure leur autorité et leur laisse plus de liberté dans le choix de leur méthodologie. Elle accorde une plus grande autonomie aux établissements secondaires et rompt avec la mythologie d’un enseignement unique, dispensé à des élèves indifférenciés, par des professeurs interchangeables sur tout le territoire.

La droite que nous voulons défend une économie au service de l’homme

Elle ne renonce pas à la protection des plus vulnérables, ne perd jamais le sens de la mesure

Refusant de les sacrifier au nom du seul profit, la droite se doit d’intégrer les plus faibles (jeunes défavorisés ou en réinsertion, travailleurs en situation de handicap, parents isolés…) dans notre système économique. Elle incite les entreprises et leurs actionnaires à une répartition équitable des richesses et à la mise en place d’un cadre de travail propice à l’équilibre des salariés.

Elle ne se résigne pas à la fatalité du chômage et soutient partout l’entreprenariat

La droite a mission de bousculer les barrières et les normes qui brident la création et le développement des entreprises et découragent les embauches. Il faut cesser de faire porter sur ceux qui emploient et ceux qui travaillent le poids des charges qui empêchent nos entreprises d’être compétitives. Nous devons encourager les PME, mettre fin au saupoudrage des aides publiques et à l’assistanat, et faire des choix clairs de secteurs stratégiques à promouvoir en priorité.

Elle est réaliste et pragmatique sans être cynique ni matérialiste

Nous voulons une droite qui exclue d’envisager les relations sociales comme un combat de classe et promeuve une vision positive du patronat et du salariat. Elle lutte contre une représentation strictement financière des entreprises et ne craint pas de remettre en cause le monopole du dialogue social de certaines organisations patronales et syndicales. Elle défend un apprentissage plus précoce et réforme les filières sans débouchés.

La droite que nous voulons cultive une écologie intégrale

Elle ne sacrifie pas l’avenir au profit du productivisme présent

Loin d’un ultra-libéralisme puisant sans retenue dans les richesses naturelles, la droite doit gérer nos intérêts industriels de sorte que ce qui est bon aujourd’hui puisse aussi l’être demain. Face à la société de consommation et de gaspillage, elle propose une société de pondération et de sobriété, éduquée à la compréhension et à la protection des écosystèmes.

Elle ne choisit pas la solution de facilité, les mesures médiatiques mais superficielles

La droite doit se montrer plus ambitieuse en matière d’écologie et en relever le défi, non parce qu’elle s’y sentirait obligée, mais par souci de la transmission, du bien commun et de la préservation de notre patrimoine. Au lieu de propositions « chocs » mais sans lendemain, elle engage le pays dans un programme écologique durable, qui s’appuie sur le bon sens et la responsabilité de chacun. Elle place au cœur du dispositif l'idée du circuit court et d’une agriculture de proximité, secteur d’avenir pour notre économie et nos régions.

Elle conçoit l’écologie comme un tout, aussi bien environnemental qu’humain

Nous voulons une droite qui respecte tous les équilibres naturels et prévienne les agressions permanentes du vivant. Malgré les pressions économiques, elle a le courage d’appliquer le principe de précaution aux questions qui, comme les OGM et autres manipulations génétiques, touchent directement à l’harmonie des écosystèmes, qu’ils soient naturels ou humains. Il est absurde d’opposer l’Homme à la Nature et de vouloir protéger uniquement cette dernière : comment croire que nous saurons préserver la planète si nous ne savons pas nous préserver nous-mêmes ? Partout, il s’agit de remettre l’Homme à sa juste place.

La droite que nous voulons fait de la culture une priorité

Elle n’en laisse pas le monopole à une gauche élitiste

La tentation est souvent grande, à droite, de délaisser les sujets culturels pour parer « au plus important ». C’est oublier que la culture est le ferment de notre identité et que sans projet culturel, il ne peut y avoir de projet politique réel. Nous ne pouvons plus nous permettre de la traiter comme une donnée sacrifiable en temps de crise et d’en abandonner, de facto, la gestion à la gauche. La droite a le devoir de se réapproprier durablement le champ culturel.

Elle n’hésite pas à embrasser le numérique et à encourager l’innovation

La révolution numérique comporte bien des risques de dérives à prévenir, mais il est plus risqué encore de se réfugier dans l’immobilisme. L’exception culturelle française ne pourra le rester que si notre pays sait se saisir à temps et en profondeur de cette opportunité encore mal exploitée. La droite doit secouer les réflexes de repli sur soi, libérer les initiatives et permettre à la culture d’être autant le lieu de la tradition que celui de l’innovation.

Elle revalorise notre héritage culturel, vecteur de rassemblement et d'influence

Nous voulons une droite qui conçoive la culture non comme une charge mais comme le gage du dynamisme de notre pays, un facteur d’intégration et de lien social. Rompant avec l’idée suicidaire qu’il faille se construire par rupture au passé, elle conserve, restaure, célèbre et diffuse les chefs-d’œuvre de notre patrimoine national. Elle assure un meilleur accès à la culture sur l’ensemble du territoire et favorise sa transmission, aussi bien dans les cadres privés que publics. Elle s’appuie sur l’héritage culturel extraordinaire de la France pour lui faire conserver son statut de première destination touristique mondiale et tenir son rang dans le concert des grandes nations.

La droite que nous voulons travaille à la cohésion nationale

Elle ne confond pas inclusion et insertion, met en place une authentique politique d’intégration

La maîtrise de la langue française, le respect des lois, de la culture et des valeurs de notre pays doivent être autant de conditions sine qua non à l’installation de populations étrangères sur le territoire français. La droite se doit de travailler à la prévention du communautarisme et de l’individualisme, en plaçant notamment la culture, le sport et le service civique et militaire des jeunes au cœur de son projet de solidarité et de cohésion nationale, afin de refonder une authentique communauté de destins en France.

Elle ne craint pas d’accueillir l’étranger dans sa richesse mais sait réguler les flux migratoires en fonction des intérêts nationaux

La France ne peut accueillir des populations immigrées qu’à condition d’être en mesure de leur offrir un niveau de vie décent. La droite défend le droit d’asile mais en encadre plus strictement l’application, et entend lutter contre l’immigration illégale, à travers une politique de coopération avec les pays sources et une redéfinition de l’espace Schengen. Prenant exemple sur ceux qui l’ont fait avec succès, elle met en place une stratégie d’immigration consentie et non plus subie, en attirant les talents étrangers et les forces vives répondant aux besoins de notre pays.

Elle préserve l’unité du pays et la paix sociale, et garantit une laïcité apaisée

Nous voulons une droite qui sache rassembler les Français autour de l’amour et la fierté de leur pays. Elle fait disparaître les zones de non-droit, garantit la sécurité de chaque citoyen, où qu’il soit, et veille à l’indépendance et à l’efficacité de la Justice. Elle n’exacerbe pas les tensions sociales et interreligieuses par des mesures stériles. Elle assume l’héritage judéo-chrétien de la France, tout en s’assurant du respect par tous de la liberté de culte et des croyances des uns et des autres.

La droite que nous voulons se bat pour une Europe vraiment démocratique

Elle ne permet pas l’adoption de textes que ses électeurs rejettent massivement

Comment justifier que des refus citoyens, exprimés par référendum ou par pétition, soient totalement ignorés et contournés par l’Union Européenne ? Ces résistances appellent à une profonde remise en question, au lieu d'une fuite en avant déraisonnée. Cessons de nous orienter vers « plus d'Europe » alors que chacun réclame une autre Europe. La droite doit garantir une construction européenne faite de concert avec les peuples et non en dépit d'eux.

Elle n’oublie pas d’où vient la légitimité des institutions européennes et respecte les nations

L'Union européenne n'a pas vocation à déposséder progressivement les nations de leurs pouvoirs ; au contraire, elle est censée permettre à ces dernières de mieux les exercer. La droite doit redéfinir précisément les frontières, les compétences et le périmètre d'action et d'intervention de l'UE : des domaines comme la politique familiale, sociétale et éducative n'ont pas à en faire partie. Inversement, il s'agit de recentrer les ressources de l'UE sur une politique industrielle forte, fondée sur la recherche et l'innovation, afin de relancer l’Europe des projets tout en mettant en œuvre un strict principe de subsidiarité.

Elle restructure l’Union Européenne pour redonner sa place centrale au citoyen

Nous voulons une droite qui engage une simplification réfléchie du fonctionnement de l'UE, afin de la rendre enfin lisible et compréhensible par tous. Elle lutte pour une démocratisation réelle des institutions européennes, en transférant notamment l’autorité de la Commission vers les corps élus (Parlement européen, Conseil européen, Conseil de l’UE) et en redonnant un vrai pouvoir d’initiative au Parlement européen.

La droite que nous voulons œuvre à la souveraineté et au rayonnement de la France dans le monde

Elle n’admet pas qu’on retire à la France ses moyens d’affirmation sur la scène internationale

Notre armée ne peut être traitée en variable d'ajustement budgétaire : il lui faut les moyens matériels et effectifs d'assurer les missions qui lui sont régulièrement confiées et qui sont fondamentales pour l'indépendance de notre pays. La droite se doit de redynamiser l'industrie de la défense et d'œuvrer à une meilleure reconnaissance de l'engagement exceptionnel des militaires, en renforçant notamment la solidarité nationale auprès de leur famille lorsqu'ils tombent au service de la patrie.

Elle ne trahit pas la vocation médiatrice de notre pays

Les intérêts de la France n'étant pas réductibles à ceux d’autres puissances, la droite exclut tout alignement et vise la diversification de nos alliances, de sorte de les adapter en permanence au monde multipolaire qui est désormais le nôtre. Puissance européenne avant tout, la France doit tirer parti de sa position géographique stratégique et de ses proximités historiques et culturelles pour favoriser l'équilibre et préserver la paix entre l’Est et l’Ouest du continent.

Elle consolide l’identité et l’image singulière de la France à l'étranger

Nous voulons une droite qui développe un projet de continuité pour l'émergence d'une communauté francophone stratégique dans les instances internationales. Elle ne réduit pas sa coopération à la seule dimension commerciale, particulièrement dans ses relations avec nos alliés africains, et se comporte en partenaire respectueux des altérités. Elle est consciente de la mission humanitaire et humaniste de la France à l’international et manifeste notamment le plus grand souci de la défense des minorités victimes de violences.

La droite que nous voulons porte une vision sur le long terme

Elle ne sacrifie pas son honneur et sa réputation aux calculs électoralistes

La stratégie politique ne peut continuer à l'emporter sur l'intégrité. Il est inadmissible de forger des alliances au seul motif qu'elles nous permettront de « gagner ». Arriver au pouvoir ne sert de rien si l'on se retrouve ensuite dans l'incapacité de gouverner comme on le devrait. La droite a le devoir d'être à nouveau exemplaire, quelle que soit l'attitude de ses adversaires, et de fonder son action sur les idées plutôt que sur les égos.

Elle ne légifère pas par émotion et ne cède pas aux modes éphémères de la bien-pensance

Le temps médiatique ne doit pas être le temps politique. Il faut sortir de la dictature de l'affect et de la précipitation pour poser les fondements durables d’un avenir commun. La droite doit se garder de céder au vacarme des revendications, à la pression des échéances électorales, et recréer les conditions d’un débat démocratique sain, en écartant les intérêts immédiats, individuels ou sectoriels et les préjugés de la pensée unique.

Elle va jusqu'au bout de ses convictions et de ses engagements

Nous voulons une droite qui fasse preuve de cohérence et de constance dans ses prises de position. Acceptant le compromis mais ne tolérant pas la compromission, elle rend compte de ses promesses de campagne et ne se dérobe pas face à ses responsabilités. Elle sait que la France n'est jamais aussi grande que lorsqu'elle promeut une grande vision de l'Homme, chez elle et dans le monde.

La droite que nous voulons est décomplexée, forte, sociale, populaire, humaniste... Mais elle est surtout et avant tout DROITE.

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